Dans le monde volatile des cryptomonnaies, peu de figures sont aussi imposantes que Changpeng Zhao, alias CZ, fondateur et ex-PDG de Binance, la plus grande plateforme d’échange crypto au monde. Un post Reddit récent soulignait un timing troublant : juste avant que le président américain Donald Trump ne gracie CZ en octobre 2025, Binance aurait pris une position importante sur le memecoin $TRUMP, alimentant les spéculations sur des arrangements internes et des faveurs politiques. Au-delà de cette anecdote, l’histoire de CZ révèle un schéma récurrent d’évasion réglementaire, de facilitation du blanchiment d’argent et de tromperie systématique. Loin d’être un visionnaire innovant, il apparaît comme un escroc sophistiqué qui a privilégié les profits au détriment de la légalité et de l’éthique.
CZ lance Binance en 2017 et en fait rapidement un géant traitant des trillions de dollars d’échanges. Né en Chine et élevé au Canada, il se présente comme un évangéliste de la décentralisation tout en construisant un empire ultra-centralisé. Pourtant, les fissures apparaissent vite. En novembre 2023, CZ plaide coupable de violations des lois américaines anti-blanchiment d’argent. Il démissionne de son poste de PDG et accepte une amende personnelle de 50 millions de dollars. Binance admet des charges fédérales, dont exploitation d’une entreprise de transmission d’argent sans licence et violations de sanctions, pour une pénalité record de 4,3 milliards de dollars – la deuxième plus lourde amende criminelle de l’histoire américaine.
Les procureurs révèlent que Binance a traité plus de 100 000 transactions suspectes liées au terrorisme, aux ransomwares, à l’exploitation d’enfants et à des entités sanctionnées comme l’Iran ou la Corée du Nord. CZ a sciemment permis à ces acteurs illicites de prospérer sur sa plateforme. Des communications internes montrent une attitude désinvolte : le responsable conformité de Binance admet en 2018 que la plateforme opère « comme une putain d’exchange de titres non licenciée aux USA ». CZ ordonne de privilégier les utilisateurs « VIP », même suspects, car ils génèrent des revenus. Cette négligence volontaire a permis à des cybercriminels de blanchir des fonds sans contrôle. Binance a facilité des transactions pour des groupes comme le Hamas ou l’État islamique, selon le Département du Trésor américain.
La Securities and Exchange Commission (SEC) porte plainte en juin 2023 contre Binance et CZ pour 13 chefs d’accusation, dont détournement de fonds clients et exploitation d’une exchange non enregistrée. Les accusations décrivent un « vaste réseau de tromperie, conflits d’intérêts, absence de transparence et évasion calculée de la loi », avec des milliards de dollars d’actifs clients mélangés à des entités personnelles de CZ, comme Sigma Chain. Cela rappelle l’effondrement de FTX et les fraudes de Sam Bankman-Fried, mais CZ évite des poursuites directes pour fraude en plaidant sur des chefs anti-blanchiment. Les critiques estiment ce deal trop clément vu l’ampleur des dommages : les victimes de scams crypto et les victimes indirectes du terrorisme financé via Binance continuent de souffrir.
Les ennuis de CZ ne se limitent pas aux États-Unis. En France, une enquête ouverte en 2022 est confiée à un juge d’instruction en janvier 2025 pour blanchiment aggravé, blanchiment de fraude fiscale, blanchiment lié au trafic de stupéfiants et exercice illégal de services sur actifs numériques. Binance aurait manqué à ses obligations de vigilance anti-blanchiment et financement du terrorisme, suite à des plaintes d’utilisateurs ayant perdu de l’argent sur des informations erronées. Globalement, la plateforme a souvent contourné les lois locales pour attirer des utilisateurs.
Malgré ces signaux d’alarme, CZ cultive une image publique de conformité, tweetant sur la « protection des utilisateurs » tout en conseillant en interne de « demander pardon plutôt que permission ». Cette hypocrisie suit le manuel de l’arnaqueur : promettre l’innovation, livrer l’exploitation.
La grâce de Trump en octobre 2025 ajoute de l’huile sur le feu. CZ purge seulement quatre mois de prison (libéré en septembre 2024) avant que Trump n’efface son casier judiciaire le 23 octobre 2025. Coïncidence : Binance développe des liens avec World Liberty Financial (WLF), le projet crypto de la famille Trump. Des rapports indiquent que Binance aide à développer le stablecoin USD1 de WLF et le promeut après la grâce. La famille Trump engrange des centaines de millions via le crypto en 2025, et la grâce est qualifiée de « corruption » par des figures comme la sénatrice Elizabeth Warren. Le post Reddit sur la position de Binance sur $TRUMP avant la grâce suggère un possible donnant-donnant, surtout avec la hausse de 60 % du memecoin Trump liée à des perks comme des visites à la Maison Blanche. Bien que non prouvé, cela cadre avec le modus operandi de CZ : exploiter les connexions pour son profit.
Les défenseurs arguent que ces pratiques étaient courantes dans le Far West crypto et que le plaidoyer de CZ évitait des accusations de fraude. Binance opère toujours sous surveillance, et CZ garde une influence via ses parts. Pourtant, les preuves sont accablantes : par conception, son exchange est devenu un refuge pour escrocs, terroristes et blanchisseurs, l’enrichissant au détriment de la société. Comme le note un site officiel californien sur les « complices criminels de Trump », la grâce de CZ illustre la corruption crypto, où les sanctions réglementaires restent sans conséquences réelles.
En fin de compte, CZ n’est pas une victime de sur-réglementation, mais un acteur qui a manipulé le système. Son empire, bâti sur l’évasion et les crimes facilités, montre comment la promesse crypto masque souvent des arnaques. Alors que les enquêtes persistent, la question n’est plus de savoir si CZ est un arnaqueur – c’est combien d’autres comme lui rôdent encore dans l’ombre.
